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      <title>L'Oeuvre d'Auguste Comte</title>
      <meta name="AUTHOR" content="LAZINIER"/>
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   </head>
   <body>
      <h1>L'Oeuvre d'Auguste Comte présentée
par lui-même<br clear="none"/>
         <i>Auguste Comte Works as Presented by Himself</i>
      </h1>
      <ul>
         <li>
            <a href="#Opuscules">Les Opuscules de jeunesse</a>
         </li>
         <li>
            <a href="#Cours">Le <i>Cours de philosophie positive</i>
            </a>
         </li>
         <li>
            <a href="#Système">Le <i>Système de politique positive</i>
            </a>
         </li>
         <li>
            <a href="#Synthèse">La <i>Synthèse subjective</i>
            </a>
         </li>
         <li>
            <a href="#Vulgarisation">Les oeuvres de vulgarisation</a>
         </li>
         <li>
            <a href="#Scientifiques">Les oeuvres scientifiques</a>
         </li>
      </ul>
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                  <div class="center">
                     <p>
                        <i>Qu'est-ce qu'une grande vie : <br clear="none"/>
Une pensée de la jeunesse, exécutée dans l'âge
mûr<br clear="none"/>
                        </i>Alfred de Vigny</p>
                  </div>
               </td>
            </tr>
         </table>
      </div>
      <p>Tel est l'épigraphe bien connue qui orne la Préface du
<i>Système de politique positive</i>. Cette épigraphe nous
montre Auguste Comte soucieux dès 1851 de souligner la continuité
de son oeuvre. Comme si déjà il prévoyait que cette
continuité allait bientôt être mise en doute. Et mise
en doute, malheureusement pour lui, par les deux plus influents de ses
"disciples" : Emile Littré et John Stuart Mill. </p>
      <p>Ces deux écrivains avaient applaudi au <i>Cours de philosophie
positive</i> (1830-1842). Mais après la parution du <i>Système
de politique positive</i>, traité annoncé depuis longtemps
par Auguste Comte, ils devaient se désolidariser hautement de leur
prétendu maître, déclarer qu'ils ne le reconnaissaient
plus dans ce nouveau traité, et aller même jusqu'à
soutenir qu'il était devenu fou ! </p>
      <p>Mais on n'en était pas encore là au début de 1851,
lorsque Comte écrivait la Préface du <i>Système</i>.
Littré ne devait rompre avec lui qu'au lendemain du coup d'Etat
du 2 décembre 1851, et Mill ne devait publier son venimeux <i>Auguste
Comte and Positivism</i> qu'en 1865. </p>
      <p>On ne peut donc qu'admirer ici, comme en tant d'autres endroits de son
oeuvre, la prescience étonnante dont a fait preuve Auguste Comte.
</p>
      <p>Mais laissons-lui la parole : </p>
      <blockquote>
         <p>Le principal titre de ce traité coïncide avec le titre général
que je choisis, en 1824, pour la seconde édition de l'opuscule fondamental
qui, sous un titre spécial, avait, deux ans auparavant, caractérisé
irrévocablement mon début philosophique. Cette conformité
spontanée indique la pleine homogénéité d'une
longue carrière systématique où, dès l'ouverture,
le but était nettement signalé. Pour la mieux manifester,
je terminerai le quatrième et dernier volume du traité par
la fidèle réimpression de tous mes travaux primitifs, depuis
longtemps soustraits à la circulation ou enfouis dans des recueils
justement oubliés. </p>
      </blockquote>
      <h2>
         <a shape="rect" name="Opuscules"/>Les Opuscules de jeunesse</h2>
      <p>Quel est donc cet opuscule fondamental ? et quels sont ces travaux primitifs
? Pour le savoir reportons-nous directement à la fin du tome quatrième
du <i>Système de politique positive</i>, où se trouve l'"Appendice
général" ci-dessus annoncé. Nous y trouvons une
très instructive Préface spéciale, qui s'énonce
ainsi : </p>
      <blockquote>
         <p>Suivant l'annonce placée, en 1851, au début du traité
que je viens d'achever, je joins à ce volume final une scrupuleuse
reproduction de tous<sup>
               <a href="#Note1">1</a>
            </sup> mes opuscules primitifs
sur la philosophie sociale. En rendant à la circulation des écrits
enfouis dans des recueils depuis longtemps oubliés, cet appendice
pourra faciliter l'initiation positiviste des esprits disposés à
suivre ponctuellement la même marche que moi. Mais il est ici destiné
surtout à manifester la parfaite harmonie des efforts qui caractérisèrent
ma jeunesse avec les travaux qu'accomplit ma maturité. </p>
      </blockquote>
      <blockquote>
         <p>D'après les habitudes dispersives qui, de nos jours, compriment
toute appréciation synthétique, cette pleine continuité
se trouve souvent dissimulée par l'étendue exceptionnelle
que dut acquérir mon élaboration totale. Quand on n'y saisit
point la relation nécessaire entre la base philosophique [le <i>Cours
de philosophie positive</i>] et la construction religieuse [le <i>Système
de politique positive</i>] les deux parties de ma carrière semblent
procéder selon deux directions différentes. Il convient donc
de faire spécialement sentir que la seconde se borne à réaliser
la destination préparer par la première. Cet appendice doit
spontanément inspirer une telle conviction en constatant que, dès
mon début, je tentai de fonder le nouveau pouvoir spirituel que
j'institue aujourd'hui. L'ensemble de mes premiers essais me conduisit
à reconnaître que cette opération sociale exigeait
d'abord un travail intellectuel, sans lequel on ne pourrait solidement
établir la doctrine destinée à terminer la révolution
occidentale. Voilà pourquoi je consacrai la première partie
de ma carrière à construire, d'après les résultats
scientifiques, une philosophie positive, seule base possible de la religion
universelle. Mais, quand ce fondement théorique fut suffisamment
posé, je dus directement vouer tout le reste de mon existence à
la destination sociale que j'avais d'abord supposée immédiatement
accessible. </p>
      </blockquote>
      <blockquote>
         <p>Outre la difficulté naturelle de concevoir ce vaste plan, une
tendance personnelle entraîne souvent à méconnaître
l'intime connexité de mon <i>Système de politique positive</i>
avec mon <i>Système de philosophie positive<sup>
                  <a href="#Note2">2</a>
               </sup>.
</i>Quoique la terminaison de la révolution occidentale soit généralement
désirée, l'indiscipline propre à notre situation anarchique
inspire encore d'actives sympathies, surtout parmi les lettrés.
Beaucoup d'individualités se sentent choquées par l'avènement
du sacerdoce positif, qui doit faire universellement prévaloir,
dans la conduite publique et même privée, des règles
d'autant plus inflexibles qu'elles seront toujours démontrables.
Ces répugnances envers ma construction religieuse disposent à
la regarder comme contradictoire avec sa base philosophique, dont l'attrait
mental se trouvait naturellement exempt de tout conflit moral. Mais cet
appendice montrera l'inconséquence des partisans intellectuels du
positivisme qui repoussent aujourd'hui son application nécessaire
à la destination sociale directement proclamée dans sa première
ébauche. Soit qu'ils ne puissent saisir l'ensemble de mon élaboration,
ou qu'ils regrettent de voir cesser l'interrègne religieux, leur
adoption spéculative de la nouvelle synthèse les oblige à
lui permettre de se compléter, de se résumer, et de conclure.
Ma politique, loin d'être aucunement opposée à ma philosophie,
en constitue tellement la suite naturelle, que celle-ci fut directement
instituée pour servir de base à celle-là, comme le
prouve cet appendice. </p>
      </blockquote>
      <blockquote>
         <p>Conformément à ce but, il doit seulement embrasser les
opuscules qui caractérisèrent graduellement ma direction
générale, en écartant les écrits prématurés
que m'inspira la funeste liaison<sup>
               <a href="#Note3">3</a>
            </sup> à
travers laquelle s'accomplit mon début spontané. Dans ces
productions artificielles, je ne recueille ici que deux indications décisives
de ma tendance continue vers la religion positive. La première surgit,
en, 1817, de cette sentence caractéristique, au milieu d'une vaine
publication : Tout est relatif ; voilà le seul principe absolu.
Quant à la seconde, moins prononcée, mais plus développée,
elle s'accomplit, en 1818, dans le mémoire spécial où
je considérai la liberté de la presse comme procurant à
tous les citoyens une autorité consultative. Telles sont les seules
mentions que me semblent finalement mériter mes publications antérieures
aux six opuscules dont cet appendice se compose : je désavoue d'avance
toute autre reproduction de travaux publiés, et j'ai déjà
détruit les matériaux restés inédits. </p>
      </blockquote>
      <blockquote>
         <p>
            <a shape="rect" name="Separation"/>Le premier opuscule [<i>Séparation générale
entre les opinions et les désirs</i>] fut écrit, en juillet
1819, pour l'unique recueil périodique (le <i>Censeur</i>) que la
postérité distinguera dans le journalisme français
: mais cet article ne fut jamais inséré. Je le publie ici,
soit pour indiquer comment je tendais, à vingt et un ans, vers la
division des deux pouvoirs [spirituel et temporel], soit même en
vue de l'utilité qu'un tel éclaircissement conserve encore.
</p>
      </blockquote>
      <blockquote>
         <p>
            <a shape="rect" name="PasseModerne"/>Après avoir, en avril 1820, laissé
passivement attribuer le second opuscule [<i>Sommaire appréciation
de l'ensemble du passé moderne</i>] au directeur [Saint-Simon] du
recueil (<i>l'Organisateur</i>) qui l'inséra, j'en reprends finalement
la juste possession, alors connue seulement de quelques lecteurs. En lui
donnant son vrai titre, je le signale comme première ébauche
de ma conception générale du passé moderne, où
je sépare déjà les deux mouvements, positif et négatif,
dont le concours caractérise la révolution occidentale. Le
contraste historique entre la France et l'Angleterre, suivant que prévalut
le pouvoir central [l'exécutif] ou la force locale [le parlement],
s'y trouve assez établi pour avoir dès lors guidé
plusieurs écrivains, qui n'en ont jamais indiqué la source.
</p>
      </blockquote>
      <blockquote>
         <p>
            <a shape="rect" name="Plan"/>Ma direction, à la fois philosophique et sociale,
fut irrévocablement déterminée, en mai 1822<sup>
               <a href="#Note4">4</a>
            </sup>,
par le troisième opuscule [<i>Prospectus des travaux scientifiques
nécessaires pour réorganiser la société</i>
: c'est l'"opuscule fondamental" dont Comte parle dans le passage
déjà cité de la Préface], où surgit
ma découverte fondamentale des lois sociologiques [la loi des trois
états et la classification des sciences]. Son propre titre, qui
doit seul figurer ici, suffirait pour indiquer une intime combinaison entre
les deux points de vue, scientifique et politique, qui m'avaient jusqu'alors
préoccupé pareillement, mais séparément. La
publicité de ce travail décisif resta bornée d'abord
à cent exemplaires, gratuitement communiqués comme épreuves.
Quand il fut reproduit à mille exemplaires, en 1824, avec quelques
additions secondaires, je crus devoir superposer à son titre spécial
le titre prématuré de <i>Système de politique positive</i>,
destiné dès lors à l'ensemble de mes compositions.
On ne saurait méconnaître l'unité de ma carrière,
en voyant ainsi promise, dès mon début, la systématisation
que le présent traité pouvait seul réaliser. [<a href="etexts/opuscule/plan1.xml">texte
integral/<i>full text</i>
            </a>]</p>
      </blockquote>
      <blockquote>
         <p>
            <a shape="rect" name="SciencesSavants"/>Le quatrième opuscule [<i>Considération
philosophiques sur les sciences et les savants</i>] manifeste, en novembre
1825, même par son titre, une tendance plus directe vers l'établissement
d'une nouvelle autorité spirituelle, d'après une philosophie
fondée sur la science. Une suffisante démonstration de mes
deux lois fondamentales y précède l'appréciation générale
de la marche continue de l'humanité vers la réorganisation
du pouvoir théorique [le pouvoir spirituel]. </p>
      </blockquote>
      <blockquote>
         <p>
            <a shape="rect" name="PouvoirSpirituel"/>Enfin le cinquième opuscule [<i>Considérations
sur le pouvoir spirituel</i>] exposa, d'une manière décisive,
en mars 1826, dans le même recueil (le Producteur), la division,
philosophique et sociale, des deux puissances élémentaires
[pouvoir spirituel et pouvoir temporel]. </p>
      </blockquote>
      <blockquote>
         <p>Ma tendance continue à fonder un nouveau sacerdoce devint dès
lors assez prononcée pour m'attirer à la fois les reproches
de l'école révolutionnaire, sous prétexte de théocratie,
et les félicitations de l'école rétrograde, au nom
de l'ordre. Le contraste des deux appréciations que ce travail inspirait
à deux écrivains accrédités (Benjamin Constant
et Lamennais) indiquait déjà l'attitude normale du parti
que j'instituais envers ceux dont ils étaient les chefs respectifs.
Cette opposition put être spécialement vérifiée
chez un même esprit, quand l'éloquent défenseur du
catholicisme [Lamennais] devint aveuglément hostile à la
doctrine positive, à mesure qu'il dégénérait
en déclamateur révolutionnaire. </p>
      </blockquote>
      <blockquote>
         <p>Il suffit de comparer ces cinq opuscules, et surtout les trois derniers,
pour y reconnaître une progression constante, où le terme
final caractérise le but général, la réorganisation
du pouvoir spirituel d'après la rénovation de la philosophie.
Ainsi se prépara mon traité fondamental [le <i>Cours de philosophie
positive</i>], dont l'élaboration orale commença réellement
en avril 1826, quoique son premier volume ne fût publié qu'en
juillet 1830. En accomplissant cette fondation philosophique, terminée
en 1842, j'y fis toujours pressentir de plus en plus la construction religieuse
qu'exigeait sa destination sociale, conformément à son institution
primitive. </p>
      </blockquote>
      <blockquote>
         <p>
            <a shape="rect" name="ExamenBroussais"/>Dans le sixième et dernier opuscule
[<i>Examen du traité de Broussais sur l'irritation</i>], publié
par le <i>Journal de Paris</i>, en août 1828, on saisit le passage
de mon début social à ma carrière intellectuelle,
qu'ouvrit, l'année suivante, l'entière exécution du
cours introduit en 1826 [...], et bientôt suspendu d'après
ma crise cérébrale. Les lumières résultées
de cet épisode furent spécialement utilisées pour
l'examen décisif du mémorable ouvrage<sup>
               <a href="#Note5">5</a>
            </sup>
où Broussais combattit dignement l'influence métaphysique<sup>
               <a href="#Note6">6</a>
            </sup>.
Cet opuscule final conservera toujours un intérêt historique
comme ayant suscité le noble effort<sup>
               <a href="#Note7">7</a>
            </sup>
par lequel ce grand biologiste illustra la fin de sa belle carrière,
en appréciant, d'une manière digne de lui, l'admirable tentative
de Gall qu'il avait jusqu'alors méconnue. </p>
      </blockquote>
      <h2>
         <a shape="rect" name="Cours"/>Le <i>Cours de philosophie positive</i>
      </h2>
      <p>Nous voilà donc informés par Comte lui-même de ce
que contiennent ses opuscules de jeunesse<sup>
            <a href="#Note8">8</a>
         </sup>
et de leur importance capitale pour apprécier la continuité
de sa carrière. Mais revenons à la Préface du <i>Système
de politique positive</i>, et reprenons-en le fil là où nous
l'avions interrompu : </p>
      <blockquote>
         <p>Mais, d'un autre côté, un tel intervalle entre la conception
[les Opuscules de jeunesse] et la construction [le <i>Système de
politique positive</i>] de ma philosophie politique, montre aussi que je
n'eus pas d'abord un sentiment assez précis des conditions intellectuelles
qu'exigeait cette grande rénovation. Je crois donc devoir ici compléter,
envers cette marche générale, l'insuffisante explication
ébauchée dans la préface du tome sixième et
dernier de mon <i>Système de philosophie positive</i>
            <sup>
               <a href="oeuvrac.xml#Note2">2</a>
            </sup>.
</p>
      </blockquote>
      <blockquote>
         <p>J'y ai assez indiqué comment, en 1822, ma <a href="oeuvrac.xml#Plan">découverte
fondamentale des lois sociologiques</a> me procura, dès l'âge
de vingt-quatre ans, une véritable unité cérébrale,
en faisant intimement converger les deux ordres de tendances, scientifiques
et politiques, qui m'avaient jusqu'alors partagé. Ma conviction
personnelle d'avoir suffisamment accompli la préparation encyclopédique
indispensable à ma mission sociale, permit à mon ardeur rénovatrice
de me pousser aussitôt vers la construction directe de la doctrine
destinée à terminer l'immense révolution occidentale.
Dès 1826, mon <a href="oeuvrac.xml#PouvoirSpirituel">travail décisif
sur le pouvoir spirituel</a> avait hautement voué l'ensemble de
ma vie à fonder une autorité théorique vraiment digne
de diriger l'entière rénovation des opinions et des moeurs,
en remplaçant définitivement le monothéisme épuisé.
Ainsi se termina mon début septénaire, commencé, en
1820, par ma première <a href="oeuvrac.xml#PasseModerne">coordination
du passé moderne</a>. </p>
      </blockquote>
      <blockquote>
         <p>Cette dernière partie de mon ouverture me conduisit à
mieux apprécier la principale difficulté de la synthèse
totale que j'osais entreprendre. Je sentis bientôt que la foi nouvelle
exigeait, chez tous les esprits synthétiques, un fondement scientifique
équivalent à celui que j'avais péniblement acquis,
et dont j'espérais d'abord pouvoir ainsi dispenser le public. Ma
propre loi hiérarchique [le principe de classification des sciences]
me démontra que la philosophie sociale [la sociologie] ne pouvait
prendre son vrai caractère et comporter une irrésistible
autorité qu'en reposant explicitement sur l'ensemble de la philosophie
naturelle [les sciences précédant la sociologie dans la classification],
partiellement élaborée pendant les trois derniers siècles.
Cette reconstitution directe du pouvoir spirituel me suscita promptement
une méditation continue de quatre-vingts heures, qui aboutit à
concevoir, comme préambule indispensable, la systématisation
totale de la philosophie positive, dont je commençai l'exposition
orale au printemps de la même année 1826. </p>
      </blockquote>
      <blockquote>
         <p>Tel fut le résultat décisif de cette crise décisive,
bientôt suivie d'un profond orage cérébral<sup>
               <a href="#Note9">9</a>
            </sup>
: l'immense opération que j'avais d'abord jugée unique se
trouva décomposée en deux fondations successives, l'une essentiellement
mentale [le <i>Cours de philosophie positive</i>], l'autre directement
sociale [le <i>Système de politique positive</i>]. Dans la première,
ma sociologie devait offrir le terme nécessaire de la difficile
initiation qui, commencée par Thalès et Pythagore, venait
de conduire Bichat et Gall jusqu'au seuil du dernier domaine propre à
la positivité rationnelle<sup>
               <a href="#Note10">10</a>
            </sup>. Sur
cette base inébranlable, il fallait ensuite construire la nouvelle
foi occidentale, et instituer le sacerdoce définitif. En un mot,
la science réelle devait d'abord aboutir à la saine philosophie,
capable de fonder enfin la vraie religion. </p>
      </blockquote>
      <h2>
         <a shape="rect" name="Système"/>Le <i>Système de politique positive</i>
      </h2>
      <p>Auguste Comte continue ainsi : </p>
      <blockquote>
         <p>Ces deux phases connexes d'une évolution sans exemple devaient,
sous peine d'une insuffisante harmonie, s'accomplir chez le même
organe de l'Humanité. La première, retardée par ses
difficultés propres et par mes embarras personnels, m'absorba jusqu'à
l'âge de la pleine maturité. En la terminant, en 1842, j'y
annonçai nettement la seconde élaboration<sup>
               <a href="#Note11">11</a>
            </sup>,
dont je publiai, six ans après, le prélude décisif<sup>
               <a href="#Note12">12</a>
            </sup>.
A la philosophie positive, je fais succéder aujourd'hui la politique
positive, qui deviendra ma principale construction, quoique nécessairement
fondée sur la première<sup>
               <a href="#Note13">13</a>
            </sup>.
</p>
      </blockquote>
      <blockquote>
         <p>[...] Malgré leur intime connexité, ces deux grands traités
doivent donc différer essentiellement. L'esprit prévalut
dans l'un [le Cours], pour mieux caractériser la supériorité
intellectuelle du positivisme sur un théologisme quelconque. Ici
le coeur domine, afin de manifester assez la prééminence
morale de la vraie religion. Le nouveau sacerdoce ne pouvait dignement
terminer la fatale insurrection de l'intelligence contre l'esprit qu'en
procurant d'abord à la raison moderne une pleine satisfaction normale.
Mais, d'après ce préambule nécessaire, les besoins
moraux devaient ensuite reprendre directement leur juste prépondérance,
pour construire une synthèse vraiment complète, où
l'amour constitue naturellement le seul principe universel. </p>
      </blockquote>
      <blockquote>
         <p>La diversité normale de ces deux élaborations successives
y affecte même le mode d'exposition. Pour tirer d'une science dispersive
les bases élémentaires de la saine philosophie, mon ouvrage
fondamental dut surtout offrir un caractère de recherche et de discussion.
En systématisant ici la religion universelle d'après des
principes déjà construits, mon exposition dogmatique se rapproche
davantage du vrai régime rationnel, où la conviction résulte
beaucoup plus d'une réflexion solitaire que d'aucune controverse.
[...] </p>
      </blockquote>
      <blockquote>
         <p>Toutes ces différences de forme se rattachent à la profonde
diversité logique qui constitue le principal contraste intellectuel
entre mes deux traités, conformément à leur nature
et à leur destination respectives. Dans le premier, où il
fallait prolonger l'initiation scientifique jusqu'à son terme normal
[la sociologie], j'ai dû scrupuleusement persister à préférer
la méthode objective<sup>
               <a href="#Note14">14</a>
            </sup>, qui convient
seule à cet immense préambule ; s'élevant toujours
du monde à l'homme [en montant les échelons de la classification
des sciences et en faisant dépendre les sciences supérieures
des sciences inférieures : c'est ce que nous appelons aujourd'hui
le réductionnisme]. Mais le succès même de cette marche
préliminaire, qui m'a finalement conduit au vrai point de vue universel
[le point de vue sociologique<sup>
               <a href="#Note15">15</a>
            </sup>], doit
faire ici prévaloir la méthode subjective14, source exclusive
de toute systématisation complète, où l'on descend
constamment de l'homme au monde [en ramenant les sciences inférieures
au sciences supérieures : c'est ce que nous appelons aujourd'hui
le holisme]. Ainsi régénérée par le positivisme,
la logique supérieure qui guida nos constructions initiales [le
théologisme] convient encore davantage à nos synthèses
finales. Sa prépondérance normale correspond naturellement
à l'ascendant nécessaire du coeur sur l'esprit. </p>
      </blockquote>
      <blockquote>
         <p>Quand ma grande élaboration objective [le <i>Cours de philosophie
positive</i>] me conduisit en 1836 de la cosmologie [mathématique-astronomie-physique-chimie]
à la biologie, je sentis aussitôt que l'exclusion scientifique
de la méthode subjective ne pouvait être que provisoire, et
mon premier chapitre biologique fit entrevoir déjà l'accord
des deux logiques. En constituant la présidence systématique
du point de vue social, mon ouvrage fondamental prépara nécessairement
leur concordance positive, directement établie dans le présent
volume. </p>
      </blockquote>
      <blockquote>
         <p>Ce résultat général de mon travail philosophique
devient ici la source directe de ma construction religieuse, qui commence
par régénérer ainsi les conceptions scientifiques
d'où elle surgit d'abord. Tel est l'objet propre de ce volume préliminaire<sup>
               <a href="#Note16">16</a>
            </sup>,
après le discours fondamental<sup>
               <a href="#Note17">17</a>
            </sup>
qui caractérise l'ensemble du traité. L'unité encyclopédique
étant alors organisée, le tome second, consacré à
la statique sociale, accomplit directement la principale synthèse,
en établissant la théorie abstraite de l'ordre humain, résumé
nécessaire de l'ordre universel. D'après cela, le volume
suivant, relatif à la sociologie dynamique, détermine la
marche totale de notre progrès, toujours réductible au développement
graduel de cet ordre fondamental. Enfin le quatrième tome, réservé
aux applications décisives de la doctrine sociologique, institue
spécialement la religion positive, ainsi résultée
de notre nature [la sociologie statique] dans l'ensemble du passé
[la sociologie dynamique] : il en complète l'avènement normal
par l'organisation générale de la transition extrême.
</p>
      </blockquote>
      <h2>
         <a shape="rect" name="Synthèse"/>La <i>Synthèse subjective</i>
      </h2>
      <p>Laissons encore quelques instants la parole à Auguste Comte,
et continuons la lecture de cette Préface : </p>
      <blockquote>
         <p>Quant aux trois autres ouvrages qui doivent suivre celui-ci, d'après
l'annonce finale de mon premier traité, les dix années de
pleine vigueur cérébrale qui me séparent encore d'une
sage retraite suffiront, j'ose l'assurer, à leur entière
exécution [...] S'il me reste possible, j'écrirai d'abord
les deux volumes de ma philosophie mathématique, ensuite le volume
spécialement relatif à l'éducation universelle, et
enfin celui qui systématisera l'action totale de l'homme sur le
monde. </p>
      </blockquote>
      <p>Plus tard, dans le tome quatrième du <i>Système de politique
positive</i> (pp. 197 et suiv.), Auguste Comte reviendra légèrement
sur cette annonce. Le traite de philosophie mathématique sera ramené
de deux à un volume, qui devra s'intituler <i>Système de
logique positive, ou traité de philosophie mathématique</i>,
et qui constituera le premier d'une série de sept traités
"respectivement consacrés aux sept degrés de la hiérarchie
encyclopédique, et composés chacun de sept chapitres".
Cette série de traités, constituant l'<i>Encyclopédie
abstraite ou philosophie seconde</i>, Comte en réserve l'essentiel
de la rédaction à ses successeurs : il se chargera seulement
d'en écrire les deux volumes extrêmes consacrés respectivement
aux mathématiques (c'est celui dont nous venons de parler) et à
la morale. Mais ce traité de morale, intitulé <i>Système
de morale positive, ou Traité de l'éducation universelle</i>
(annoncé pour 1859) aura deux volumes, dont le premier sera consacré
à la morale théorique et dont le second correspondra au traité
d'éducation précédemment annoncé, assimilé
dès lors à un traité de morale pratique. Enfin, Comte
écrira une <i>Encyclopédie concrète</i>, constituée
du volume déjà annoncé sur l'action de l'homme sur
le monde, qui prendra le titre de <i>Système d'industrie positive,
ou Traité de l'action totale de l'Humanité sur sa planète</i>
(qui devra paraître en 1861). Et de tous ces volumes, y compris ceux
qu'il n'envisage pas d'écrire lui-même, Auguste Comte fournit
un plan détaillé (pp. 200 et suiv.). </p>
      <p>Hélas Comte ne devait pas vivre les "dix années de
pleine vigueur cérébrale" nécessaires pour la
réalisation des quatre volumes projetés. Seul devait paraître,
à la date prévue de 1856, le <i>Système de logique
positive, ou Traité de philosophie mathématique</i>, présenté
comme constituant le tome premier de la <i>Synthèse subjective ou
Système universel des conceptions propres à l'état
normal de l'Humanité</i>. Ce traité est certainement d'une
lecture fort difficile, d'une part en raison du sujet traité, d'autre
part à cause de la nouvelle technique de rédaction fort étrange
que Comte a décidé d'adopter dorénavant pour la composition
de ses ouvrages : chaque traité doit être composé de
sept chapitres plus une introduction et une conclusion ; chaque chapitre
doit se décomposer en trois parties de chacune sept sections ; chaque
section doit comporter sept alinéas de chacun cinq ou sept phrases
; les lettres initiales de chaque phrase d'un alinéa, et celles
de chaque alinéa d'une section doivent former un mot français,
anglais, allemand, espagnol ou latin ; quand aux initiales des sections,
elles doivent se succéder selon l'ordre alphabétique ! On
ne manquera pas, cependant, de lire la très important Introduction
de ce traité, où Comte expose les affinités qu'il
vient de découvrir entre le positivisme et le fétichisme
-- et où il proclame la fameuse "trinité" positiviste
: le Grand-Etre (l'Humanité), le Grand Fétiche (la planète
Terre) et le Grand Milieu (l'espace des mathématiciens). </p>
      <h2>
         <a shape="rect" name="Vulgarisation"/>Les oeuvres de vulgarisation</h2>
      <p>A diverses reprises Auguste Comte a tenté de donner des résumés
de sa doctrine. C'est ainsi qu'en 1844, il publiait le <i>Discours sur
l'esprit positif</i>, pour servir de discours préliminaire à
un <i>Traité philosophique d'astronomie populaire</i> reprenant
les cours qu'il professait gratuitement pour les ouvriers parisiens. En
1848 paraissait le <i>Discours sur l'Ensemble du positivisme</i>, que Comte
reproduira ensuite, avec des modifications mineures, en tête du <i>Système
de politique positive</i> dont il constituera le "Discours préliminaire".
En 1852 il publiait le <i>Catéchisme positiviste</i>, destiné
à vulgariser sa doctrine auprès des femmes et des prolétaires.
Et en 1855 paraissait l'<i>Appel aux conservateurs</i>, destiné
aux dirigeants politiques. On se tromperait toutefois si l'on pensait que
la lecture d'aucun de ces ouvrages puisse dispenser, pour une initiation
à la pensée de Comte, de la lecture directe du <i>Système
de politique positive</i>. Le premier et le second, en effet, ont été
écrits avant le <i>Système</i>, et de ce fait ignorent tous
les derniers développements (théorie du cerveau, 7e science...)
donnés par Comte à sa pensée. Quant aux deux derniers
ils sont conceptuellement d'une lecture difficile, car Comte ne s'est pas
rendu compte en les écrivant de l'immense distance intellectuelle
qui désormais le séparait de ses contemporains (et le sépare
encore des nôtres)<sup>
            <a href="oeuvrac.xml#Note18">18</a>
         </sup>.</p>
      <p>
         <a shape="rect" name="Circulaires"/>Comte a également écrit, à
partir de 1850, huit <i>Circulaires annuelles</i> à l'intention
de "chaque coopérateur du libre subside spontanément
institué pour le sacerdoce de l'Humanité". Ces circulaires,
dont la plupart ont été reproduites comme appendices de ses
traités, avaient pour but principal d'informer les coopérateurs
de ce que le subside avait rapporté l'année précédente
et de l'usage qui en avait été fait. Leur but secondaire
était de dresser un bilan des progrès accomplis dans l'intervalle
par le positivisme. Cette tradition des <i>Circulaires annuelles</i> a
été poursuivie par les divers "successeurs" d'Auguste
Comte, et ce jusqu'en 1940. </p>
      <h2>
         <a shape="rect" name="Scientifiques"/>Les oeuvres scientifiques</h2>
      <p>Auguste Comte a écrit deux traités d'enseignement scientifique.
Ce sont le <i>Traité élémentaire de géométrie
analytique</i>, paru en 1843, et le <i>Traité philosophique d'astronomie
populaire</i> (1844), <a href="oeuvrac.xml#Vulgarisation">déjà
mentionné</a>.</p>
      <p/>
      <hr/>
      <h2>Notes<a shape="rect" name="Note1"/>
      </h2>
      <p>1. En fait Comte laisse délibérément de côté
un certain nombre de textes, comme il l'avoue plus loin.</p>
      <p/>
      <hr/>
      <p>
         <a shape="rect" name="Note2"/>2. Il s'agit du <i>Cours de philosophie positive</i>.
"Quoique les six volumes de cet ouvrage aient tous parus, de 1830
à 1842, sous le titre de Cours (suggéré par l'élaboration
orale qui prépara, en 1826 et 1829, ce traité fondamental),
je l'ai ensuite qualifié toujours de Système pour mieux marquer
son vrai caractère. En attendant qu'une seconde édition régularise
cette rectification, cet avis spécial préviendra, j'espère,
toute méprise à ce sujet." <i>Système de politique
positive</i>, I, 2, note.</p>
      <p/>
      <hr/>
      <p>
         <a shape="rect" name="Note3"/>3. Il s'agit de la liaison de Comte avec Claude-Henri
de Saint-Simon, qui dura de 1817 jusqu'à leur rupture en 1824.</p>
      <p/>
      <hr/>
      <p>
         <a shape="rect" name="Note4"/>4. En fait avril 1822. Auguste Comte commet dans
ce passage un certain nombre d'erreurs factuelles que nous ne relèverons
pas toutes ici. Dans l'"Appendice général" du <i>Système
de politique positive</i>, cet opuscule est reproduit sous le tire de <i>Plan
des travaux...</i>
      </p>
      <p/>
      <hr/>
      <p>
         <a shape="rect" name="Note5"/>5. Broussais, <i>De l'Irritation et de la Folie</i>,
1828, réédition Paris, Flammarion, coll. "Corpus des
oeuvres de philosophie en langue française", 1986.</p>
      <p/>
      <hr/>
      <p>
         <a shape="rect" name="Note6"/>6. Dans cet ouvrage, Broussais s'attache à
réfuter les "psychologistes" (qualifiés par lui-même
de "nouveaux métaphysiciens"), qui prétendaient
fonder une science du psychisme humain sur la seule étude des faits
de conscience, en négligeant l'étude positive du système
nerveux, étude entamée à la même époque
par l'école des "physiologistes" (et en particulier par
Gall, dont Comte s'inspirera très largement).</p>
      <p/>
      <hr/>
      <p>
         <a shape="rect" name="Note7"/>7. Allusion à Broussais, <i>Cours de phrénologie</i>,
1836.</p>
      <p/>
      <hr/>
      <p>
         <a shape="rect" name="Note8"/>8. Indépendamment de leur reproduction à
la fin de toutes les éditions du <i>Système de politique
positive</i>, les <i>Opuscules de jeunesse</i> ont été assez
souvent réédités séparément du <i>Système</i>.
C'est ainsi que l'ensemble des six textes a paru en 1883 chez Ernest Leroux
sous le titre d'<i>Opuscules de philosophie sociale</i>, 1819-1828. Plus
près de nous, le <i>Plan des travaux</i> et la <i>Sommaire appréciation</i>
ont été séparément publiés chez Aubier-Montaigne,
respectivement en 1970 et 1971. Plus récemment encore, un recueil,
comportant la <i>Séparation générale</i>, le <i>Plan
des travaux</i> et les deux <i>Considérations</i>, auxquels était
ajouté l'<i>Appel aux conservateurs</i>, a paru en 1978 au Livre
de poche (collection "Pluriel") sous le titre <i>Du Pouvoir spirituel</i>.</p>
      <p/>
      <hr/>
      <p>
         <a shape="rect" name="Note9"/>9. Il s'agit bien entendu de la crise de folie de
1826.</p>
      <p/>
      <hr/>
      <p>
         <a shape="rect" name="Note10"/>10. Comte pense naturellement ici à la sociologie.
Mais il est à noter que, dès le deuxième volume du
<i>Système de politique positive</i>, il concevra une science supérieure
à la sociologie dans la hiérarchie des sciences : la <i>morale</i>
ou science du cerveau humain.</p>
      <p/>
      <hr/>
      <p>
         <a shape="rect" name="Note11"/>11. "Envers le second ouvrage [Comte vient
d'annoncer un traité de philosophie mathématique, en deux
volumes], uniquement consacré à la philosophie politique,
il a été ici si souvent indiqué, depuis le début
du tome quatrième, qu'il serait maintenant superflu d'en signaler
expressément la destination et l'urgence. Il se composera de quatre
volumes, dont le premier traitera de la méthode sociologique, le
second de la statique sociale, le troisième de la dynamique sociale,
et le dernier de l'application générale d'une telle doctrine.
Tous ceux qui auront convenablement apprécié ma création
de la sociologie dans la seconde moitié de ce Traité sentiront
aisément, d'après mes nombreux avis incidents, qu'elle ne
rend nullement superflue cette nouvelle composition, à laquelle
se trouve seulement ainsi préparée une base indispensable.
[...] Cet ouvrage est, ce me semble, par sa nature, le plus important de
tous ceux qui me restent à exécuter ; puisque le Traité
actuel ayant finalement abouti à l'universelle prépondérance
mentale, à la fois logique et scientifique, du point de vue social,
on ne saurait, à tous égards, plus directement coopérer
à l'installation finale de la nouvelle philosophie qu'en élaborant
l'état normal de la science correspondante, quand même les
hautes nécessités pratiques ne commanderaient pas évidemment
une telle construction spéciale." <i>Cours de philosophie positive</i>,
VI, 552 (édition Schleicher, 1908)</p>
      <p/>
      <hr/>
      <p>
         <a shape="rect" name="Note12"/>12. Il s'agit du <i>
            <a href="oeuvrac.xml#Vulgarisation">Discours
sur l'ensemble du positivisme</a>
         </i>, publié en 1848.</p>
      <p/>
      <hr/>
      <p>
         <a shape="rect" name="Note13"/>13. D'où le terme d'"ouvrage fondamental"
par lequel Comte désigne le couramment <i>Cours de philosophie positive</i>,
le terme "fondamental" étant employé ici dans son
sens étymologique de "fondement", que l'on retrouve dans
pierre fondamentale, et non pas dans le sens devenu usuel d'"essentiel".
Car il est bien clair que pour Comte son traité essentiel, son "principal
ouvrage" est le <i>Système de politique positive</i>.</p>
      <p/>
      <hr/>
      <p>
         <a shape="rect" name="Note14"/>14. Souligné par l'éditeur. Ces notions
capitales sont expliquées en détail aux pp. 36 et suiv.,
puis 444 et suiv. du tome premier du <i>Système de politique positive</i>.</p>
      <p/>
      <hr/>
      <p>
         <a shape="rect" name="Note15"/>15. A noter qu'à partir du tome second (très
exactement à partir de la page 34) le "vrai point de vue universel"
deviendra le point de vue moral, puisque la science correspondante accédera
au sommet de la hiérarchie scientifique -- ce que Comte sent d'ailleurs
déjà confusément ici, lorsqu'il parle, quelques lignes
plus loin, de "l'ascendant nécessaire du coeur sur l'esprit"
-- et lorsqu'il affirme quelques lignes plus haut que "l'amour constitue
naturellement le seul principe universel".</p>
      <p/>
      <hr/>
      <p>
         <a shape="rect" name="Note16"/>16. La seconde partie du tome premier, intitulée
"Introduction fondamentale, à la fois scientifique et logique",
est en effet consacrée à l'application de la méthode
subjective aux sciences qui précèdent la sociologie dans
la classification : la cosmologie, c'est-à-dire les mathématiques,
l'astronomie, la physique et la chimie, dans le chapitre deuxième
; et la biologie dans le chapitre troisième -- où Comte expose
en particulier sa fondamentale théorie du cerveau, qui reconnaît
dans le cerveau (comme l'a admis depuis la neurophysiologie) trois systèmes
distincts interconnectés : un cerveau de l'activité (qui
correspond à ce que nous appelons aujourd'hui le cerveau reptilien),
un cerveau affectif (notre système limbique) et un cerveau intellectuel
(l'actuel néo-cortex), la présidence de l'ensemble revenant
au cerveau affectif : "l'homme n'agit que sollicité par une
affection quelconque, et ne pense que pour mieux agir".</p>
      <p/>
      <hr/>
      <p>
         <a shape="rect" name="Note17"/>17. Ce "Discours préliminaire"
n'est en fait, <a href="oeuvrac.xml#Vulgarisation">comme nous l'avons noté
ailleurs</a>, que la réimpression du <i>Discours sur l'ensemble
du positivisme</i>, paru trois ans plus tôt. Il n'est donc nullement
une synthèse du traité qui va suivre, mais représente
plutôt un jalon dans l'évolution intellectuelle d'Auguste
Comte, évolution qui va se continuer tout au long du traité.
</p>
      <p/>
      <hr/>
      <p>
         <a shape="rect" name="Note18"/>18. Pour ceux qui ne pourraient se procurer le
<i>Système de politique positive, </i>le <i>Discours sur l'Ensemble
du positivisme </i>pourra toutefois être considéré
comme un <i>second best</i>, à la condition de tenir compte des
réserves exprimées dans la note qui précède.</p>
      <signature auteur="EL"/>
   </body>
</html>