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      <meta name="AUTHOR" content="LAZINIER"/>
      <title>La morale positive d'Auguste Comte/Auguste Comte's Positive Morals</title>
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   </head>
   <body>
      <p/>
      <h1>La morale "positive" d'Auguste
Comte à l'épreuve de la science... et de la Chine</h1>
      <p>Auguste Comte a voulu avancer une théorie d'un cerveau triple
-- actif, intellectuel, affectif -- et fonder une morale (<a href="analects/7escienc.xml">septième
et suprême science</a> de sa <a href="classif.xml">classification</a>)
sur la thèse de la prédominance de l'affectivité et,
au sein de celle-ci, sur <a href="analects/altruism.xml">l'existence innée
d'instincts bienveillants</a> qu'il baptisa "altruistes". </p>
      <ul>
         <li>
            <a href="#Confucius">La Morale confucianiste, ou la nature humaine
fondamentalement bonne</a>
         </li>
         <li>
            <a href="#Darwin">La <i>Descendance de l'Homme</i>, ou quand Darwin
découvrait l'altruisme</a>
         </li>
         <li>
            <a href="#McLean">La Morale du cerveau triunique de McLean</a>
         </li>
         <li>
            <a href="#Epilogue">Epilogue</a>
         </li>
      </ul>
      <p/>
      <hr/>
      <h2>
         <a shape="rect" name="Confucius"/>La Morale confucianiste,
ou la nature humaine fondamentalement bonne</h2>
      <p>Il ignorait que depuis quelque deux mille cinq cents ans une telle morale
existait déjà, sur une terre lointaine : la Chine. Là
prévalait, et grosso modo prévaut toujours, une religion
non-théologique, dite <i>rujia</i>, ou "école des lettrés",
fondée par deux des plus grands sages qui furent jamais. Le premier
de ces sages, Kongzi ou Confucius, sut faire comprendre à quelques
disciples qu'"entre les quatre mers tous les hommes sont frères",
et que suprême entre toute les vertus se tient le sentiment d'humanité
<i>ren</i> qui en chinois se représente par un caractère
composé du pictogramme "homme" (avec lequel il est d'ailleurs
parfaitement homophone) et de l'idéogramme "deux". Le
second de ces sages, Mengzi, ou Mencius, proclama la doctrine -- adoptée,
de longs siècles plus tard par toute la Chine comme son credo le
plus essentiel -- que la nature innée de l'homme est bonne. </p>
      <blockquote>
         <p>
            <a shape="rect" name="Mencius"/>Gong Douzi dit à Mengzi : "Gaozi dit
: "La nature de l'homme n'est ni bonne ni mauvaise." Quelques-uns
disent : "La nature de l'homme peut servir à faire le bien
ou à faire le mal. Ainsi au temps de Wen wang et de Wu wang, le
peuple aima la vertu ; sous les règnes de You wang et de Li wang,
le peuple fut enclin au mal." D'autres disent : "Les hommes sont,
les uns naturellement bons, les autres naturellement mauvais. Ainsi, sous
un prince excellent comme Yao, il y eut un homme méchant comme Xiang
; d'un père détestable comme Gusou naquit un grand sage comme
Shun ; avec un neveu et un souverain comme Zhou, il y eut des hommes vertueux
comme Qi, prince de Wei, et Bi gan, fils d'un empereur." Vous dites
que la nature de l'homme est bonne. Gaozi et tous les autres sont donc
dans l'erreur ?" </p>
         <p>Mengzi répondit : "Les tendances de notre nature peuvent
toutes servir à faire le bien ; voilà pourquoi je dis que
la nature de l'homme est bonne. Si l'homme fait le mal, on ne doit pas
en attribuer la faute à ses facultés naturelles. </p>
         <p>"Tout homme a des sentiments de compassion pour les malheureux,
de pudeur et d'aversion pour le mal, de déférence et de respect
pour les autres hommes. Il sait discerner le vrai du faux et le bien du
mal. La commisération c'est l'humanité (ren). La honte et
l'horreur du mal, c'est la justice (yi). La déférence et
le respect constituent l'urbanité (li). La vertu par laquelle nous
discernons le vrai du faux et le bien du mal, c'est la sagesse (zhi). L'humanité,
la justice, l'urbanité, la sagesse ne nous viennent pas du dehors,
comme un métal fondu qu'on verse dans un moule. La nature les a
mises en nous. (Mais la plupart des hommes) n'y font pas attention. Aussi
dit-on : "Si vous les cherchez, vous les trouverez, si vous les négligez,
vous les perdrez." Parmi les hommes, les uns sont deux fois, cinq
fois, un nombre indéfini de fois meilleurs ou pires que les autres,
parce que la plupart n'arrivent pas à user pleinement de leurs facultés
naturelles pour faire le bien. </p>
         <p>"Il est dit dans le <i>Shi Jing</i> (Classique des Poèmes)
: "Le Ciel donne à tous les hommes, avec l'existence, les principes
constitutifs de leur être et de la loi morale. Les hommes, grâce
à cette loi, aiment et cultivent la vertu." Kongzi dit : "L'auteur
de cette ode ne connaissait-il pas la voie de la vertu ?" Ainsi l'homme
reçoit toujours, avec les principes constitutifs de son être,
la loi morale ; et parce qu'il a cette loi, il aime et cultive la vertu."
</p>
      </blockquote>
      <p>
         <i>Mengzi</i>, livre VI, chapitre I, paragraphe 6 (traduction S. Couvreur
adaptée) </p>
      <blockquote>
         <p>Mengzi dit : "Tous les hommes ont un coeur compatissant. Les anciens
empereurs avaient un coeur compatissant, et par suite leur gouvernement
était plein de commisération. Parce qu'ils suivaient l'impulsion
d'un coeur compatissant, et que leur administration était très
compatissante, ils auraient pu faire tourner l'empire sur la main. </p>
         <p>"Voici un exemple qui prouve ce que j'avance, à savoir que
tous les hommes ont un coeur compatissant. Supposons qu'un groupe d'hommes
aperçoive un enfant qui va tomber dans un puits. Ils éprouveront
tous un sentiment de crainte et de compassion. S'ils manifestent cette
crainte et cette compassion, ce n'est pas pour se concilier l'amitié
des parents de l'enfant, ni pour s'attirer des éloges de la part
de leurs compatriotes et de leurs amis, ni pour ne pas se faire une réputation
d'hommes sans coeur. </p>
         <p>"Cet exemple nous montre que celui-là ne serait pas un homme
dont le coeur ne connaîtrait pas la compassion, ou n'aurait pas honte
de ses fautes et horreur des fautes d'autrui, ou ne saurait rien refuser
pour soi et rien céder à autrui, ou ne mettrait aucune différence
entre le bien et le mal. </p>
         <p>"La compassion est le principe de l'humanité (<i>ren</i>)
; la honte et l'horreur de mal sont le principe de la justice (<i>yi</i>)
; la volonté de refuser pour soi et de céder à autrui
est le principe de l'urbanité (<i>li</i>) ; l'inclination à
approuver le bien et à réprouver le mal est le principe de
la sagesse (<i>zhi</i>). Tout homme a naturellement ces quatre principes
comme il a quatre membres. Celui qui, doué de ces quatre principes,
prétend ne pouvoir les développer pleinement, se nuit gravement
à lui-même. Celui qui dit que son prince ne peut les développer
en soi, nuit gravement à son prince. </p>
         <p>"Si nous savions développer pleinement ces quatre principes
qui sont en chacun de nous, ils seraient comme un feu qui commence à
brûler, comme une source qui commence à jaillir. Celui qui
saurait les développer pleinement, pourrait gouverner l'empire.
Celui qui ne les développe pas, n'est même pas capable de
remplir ses devoirs envers ses parents." </p>
      </blockquote>
      <p>
         <i>Mengzi</i>, livre II, chapitre I, paragraphe 6 (traduction S. Couvreur
adaptée) </p>
      <p>Le grand sinologue Marcel Granet résumait cela ainsi, en des
passages de son oeuvre restés malheureusement inaperçus des
non-spécialistes : </p>
      <blockquote>
         <p>Sauf Mô tseu [Mozi] (s'il faut admettre que ce prédicateur
croyait à sa rhétorique), il n'est point, dans l'antiquité,
de sage chinois qui ait véritablement songé à fonder,
sur des sanctions divines, la règle des moeurs. [...] La sagesse
chinoise est une sagesse indépendante et tout humaine. Elle ne doit
rien à l'idée de Dieu. </p>
      </blockquote>
      <p>
         <i>La Pensée chinoise</i>, Paris, Albin Michel, 1950, pp. 588
</p>
      <blockquote>
         <p>Les Chinois d'opinions hardies se refusent à accepter le principe
d'une morale d'Etat. Quelques-uns d'entre eux ont fondé des écoles
libres, certaines s'appellent "Ecoles Auguste Comte". Comte est
transcrit en chinois par deux mots ; l'un signifie vertu, l'autre est le
nom patronymique de Confucius. </p>
         <p>Il est vrai que la vertu de l'enseignement confucéen est de nourrir
un esprit positif dont l'idéal peut être défini par
la formule : Ordre et Progrès. </p>
      </blockquote>
      <p>
         <i>La Religion des Chinois</i>, 2e éd. Paris, P.U.F, 1951, p.
174 </p>
      <p>Voir aussi : </p>
      <ul>
         <li>François Jullien ""Fonder" la morale, ou comment
légitimer la transcendance de la moralité sans le support
du dogme ou de la foi (au travers du Mencius)", n° spécial
"Une civilisation sans théologie ?" de la revue <i>Extrême-Orient
Extrême Occident</i> (n° 6, 1985, 56, rue Hallé 75014
Paris). Repris sous forme de livre (<i>Fonder la morale</i>, Paris, Grasset,
1996).</li>
         <li>
            <a shape="rect" name="Vandermeersch"/>Léon Vandermeersch "Une tradition
réfractaire à la théologie : la tradition confucianiste",
n° spécial "Une civilisation sans théologie ?"
de la revue <i>Extrême-Orient Extrême-Occident</i> (n°
6), "Ritualisme et Juridisme", in Blondeau, Anne-Marie et Schipper,
Kristofer (sous la dir. de), <i>Essais sur le rituel</i>, Bibliothèque
de l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences religieuses, vol XCV, pp. 45-56.Tous
deux reproduits dans <i>Études sinologiques,</i> Paris, PUF, coll.
"Orientales", 1994.</li>
      </ul>
      <p/>
      <hr/>
      <h2>
         <a shape="rect" name="Darwin"/>
         <i>La Descendance de l'Homme</i>,
ou quand Darwin découvrait l'altruisme </h2>
      <p>Auguste Comte ignorait aussi que quelques années après
lui, un certain Darwin arriverait, au terme d'une théorie de l'évolution
des espèces, à des conclusions fort analogues aux siennes,
et qui passeraient tout autant à la trappe : </p>
      <blockquote>
         <p>Il n'était pas possible pour Darwin, sans revenir à la
théologie, de considérer qu'une coupure biologique, psychologique
et comportementale existait entre l'Homme et les animaux supérieurs.
Ces derniers, soumis à l'action de la sélection naturelle,
fournissaient l'image d'une sociabilité constituée par des
relations de compétition interindividuelles classiques (rivalité
pour la conquête sexuelle, la domination d'un territoire, etc.),
mais aussi par des conduites de solidarité de groupe (organisation
pour la défense commune), voire d'altruisme et de préférence
sexuelle ou affective entre individus, ou encore d'attachements hétérospécifiques
(entre animaux domestiques), ou enfin de "qualités morales"
(chez les Chiens ou les Singes domestiques par exemple). </p>
         <p>Dans les chapitres III et IV de <i>La Descendance de l'Homme</i>, consacrés
à l'étude comparative des facultés mentales et du
"sens moral" chez l'Homme et chez les animaux, Darwin accumule
les observations illustrant ces dernières tendances comportementales
.Il cite notamment la disposition des parents, observable chez de nombreuses
espèces, à se sacrifier pour leurs enfants. Il en appelle
à l'exemple des chiens qui prennent des risques pour défendre
leur maître. Et il interprète ces comportements comme autant
d'étapes intermédiaires vers la moralité pleinement
développée de l'homme social. L'"altruisme" apparaît
comme un produit historique de la sélection des instincts sociaux.
Autrement dit, entre les facultés des animaux supérieurs
et celles de l'Homme, la différence n'est pas de nature, mais de
degré. Darwin en conclut que la moralité des sentiments et
des actions humaines, non seulement n'est pas un phénomène
transcendant, mais elle constitue bel et bien une tendance évolutive.
Pour Darwin la morale est un fait d'évolution. On ne peut imaginer,
si l'on s'arrête là, application plus radicalement continuiste
de sa théorie. </p>
         <p>L'erreur du "darwinisme social" a été de considérer
qu'en vertu de cette continuité, la loi de la sélection naturelle
simple, celle de L'Origine des espèces, devait s'appliquer, dans
toute sa "rigueur", au devenir des sociétés humaines.
Cette erreur fut donc d'appliquer la doctrine de <i>L'Origine des espèces</i>
à un objet qui était en fait l'objet de <i>La Descendance
de l'Homme</i>. De l'un à l'autre Darwin avait compris un phénomène
majeur : l'aptitude des formes particulières de sélection
à être elles-mêmes soumises à la loi sélective,
c'est-à-dire à être potentiellement éliminées.
Autrement dit, on devait admettre que la lutté "égoïste"
pour l'existence avait été, dans la société
humaine en voie de civilisation, tendanciellement évincée
par la sélection avantageuse de l'altruisme, de la sympathie, de
la morale et de la rationalité. </p>
         <p>[...] Pour Darwin, en effet, l'évolution intellectuelle humaine
s'accompagne d'une diminution des activités instinctives en général,
tout en entrant dans un rapport d'étroite composition avec une classe
particulière d'instincts qu'il nomme les "instincts sociaux".
Ces derniers, spécifiquement sélectionnés au sein
de l'humanité, produisent dans l'état "civilisé"
de celle-ci l'épanouissement de sentiments, d'actions, d'institutions
et de conduites dont l'effet contredit les conséquences ordinaires
de l'ancienne loi sélective : on n'élimine plus les faibles
(et par là il faut entendre tous les individus que leur condition
physiologique, psychique ou sociale eût condamnés à
mort sous l'hégémonie de la loi "naturelle"), mais
on les protège, les soigne et les défend. Favorisés
par la sélection, les instincts sociaux, source de l'altruisme et
de la sympathie affective, se retournent contre la loi sélective
dont ils sont les produits. Ils favorisent en effet les comportements anti-sélectifs.
C'est ce que j'ai appelé l'effet réversif de l'évolution
: de l'animal à l'Homme, l'évolution ne connaît pas
de rupture, mais une torsion, qui renverse l'hégémonie de
la lutte individuelle pour l'existence et de la survivance du plus apte,
et intègre les valeurs de la civilisation sans pour autant quitter
le cadre du continuums matérialiste. </p>
         <p>Telle est, pour Darwin, la généalogie de la morale humaine.
Elle est inscrite en termes logiques et lumineux dans un livre qui devait
pourtant, sur ce point, demeurer stérile pendant plus d'un siècle.
[...] </p>
         <p>
            <i>La Descendance de l'Homme</i> est un ouvrage qui annonce l'éthologie
moderne, et trouve sa suite logique l'année suivante dans <i>L'expression
des émotions chez l'Homme et les animaux</i>. Il contient encore
les fondements d'une éthique matérialiste et d'une socio-politique
des solidarités. En fait, la seconde révolution darwinienne,
que certains s'obstinent encore à vouloir réprimer. [...]
</p>
         <p>On n'émet pas impunément une idée nouvelle. </p>
      </blockquote>
      <p>Patrick Tort, "Darwinisme social : la Méprise", <i>Les
Cahiers de Science et Vie</i>, n° 6, décembre 1991. 
</p>
      <hr/>
      <h2>
         <a shape="rect" name="McLean"/>La Morale du <i>cerveau
triunique</i> de McLean</h2>
      <p>Auguste Comte était par contre persuadé que la science
neurophysiologique lui donnerait raison. Et en cela il ne se trompait pas,
même s'il a fallu attendre les années 1960 pour que le Dr
Paul Donald MacLean élabore une théorie du cerveau triunique
- complexe reptilien, système limbique et néo-cortex - exposée
naguère par Arthur Koestler (<i>Le Cheval dans la locomotive</i>,
Paris, Calmann-Lévy, 1968), et aujourd'hui largement acceptée
par le monde scientifique. </p>
      <p>Et cette théorie, comme le montre Roland Guyot, débouche
bel et bien sur une morale de l'altruisme : </p>
      <blockquote>
         <p>Le second message dont il sera question ici, délivré,
comme le premier, par l'évolution, revêt à nos yeux
une importance encore plus décisive. MacLean nous suggère
que la morale n'est pas étrangère à la science. Les
deux ne sont pas radicalement hétérogènes. On peut
établir des ponts entre elles. La mégagenèse des niveaux
ou plans de complexité croissante débouche sur la morale
et le droit. Il existe un chemin du fait à la valeur, de la vérité
à la valeur. Le supérieur génétique, dans l'évolution
du système nerveux, débouche naturellement dans la morale
de la libération qui vient se superposer à la morale de l'intimidation.
Si l'intimidation a des racines biologiques, certaines depuis longtemps
explorées, la libération en a aussi, et MacLean s'ingénie
à les mettre en relief. </p>
         <p>Avec l'apparition de notre espèce, nous dit-il, un grand changement
est intervenu. Une nouvelle conscience est née (la ratiomentation)
avec l'édification du cortex préfrontal, formation qui occupe
maintenant 30 pour 100 du volume total. Auparavant, dans la série
des mammifères, la nature avait engendré un néo-pallium
dur et insensible, utilitariste et égoïste, une sorte de créature
du Frankenstein sans foi ni loi qui menaçait à la longue
de tout détruire. Heureusement, dans une sorte de sagesse obscure,
elle a senti le danger et accompli alors, récemment, un complet
renversement de vapeur en dotant cet ordinateur sans coeur de sentiment,
de souci des autres, reliant pour cela la partie préfrontale du
N [néo-cortex] à la troisième subdivision du SL [système
limbique] par un solide faisceau de projections afférentes et efférentes.
Elle a ainsi tourné de dos au passé, à la sauvagerie
reptilienne et à l'agressivité limbique meurtrière
(mammifères carnivores), négocié un virage à
180 degrés par rapport à la loi animale qui avait régné
jusque-là sans partage. Dès lors une nouvelle mentalité
a pris son essor. </p>
         <p>Le message est donc là : le devenir de l'homme sur la Terre passe
donc par la socialisation sur la base de la solidarité altruiste.
[...] </p>
         <p>Tel est le second message que nous apporte l'évolution, et c'est
le plus important pour notre auteur. La théorie de MacLean a donc
un rôle philosophique à jouer, un rôle pédagogique
ainsi qu'un rôle social et moral, unificateur de tous les hommes.
Il faut dans le futur réussir à accomplir le grand bond évolutif
vers une humanité morale, palier nouveau de complexification et
d'intégration </p>
      </blockquote>
      <p>Paul D. MacLean et Roland Guyot, <i>Les Trois Cerveaux de l'homme</i>,
Paris, R. Laffont, 1990, chap. XXIV "Les aspects normatifs de la théorie
de MacLean" pp. 348-9 (Voir aussi le chap. X "Les bases neurobiologiques
du comportement éthique")<a shape="rect" name="Reprise"/>
      </p>
      <p>Voir aussi : </p>
      <ul>
         <li>Francesco Alberoni, et Salvatore Vecca, <i>L'Altruismo e la Morale
Quando s'incontrano. Passione e Ragione. Il Manifesto del Nuovo Illuminismo</i>,
Milano, Garzanti, trad. fr. <i>L'Altruisme et la Morale</i>, Paris, Ramsay
</li>
         <li>Jean-Pierre Changeux, <i>Matière à pensée</i>,
Paris, Odile Jacob </li>
         <li>Dr Paul Chauchard, <i>La morale du cerveau</i>, Paris, Flammarion,
coll. "Le vif du sujet", 1962, et nombreux autres ouvrages </li>
         <li>Pierre Karli, <i>Neurobiologie des comportements agressifs</i>, Paris,
P.U.F., 1982 ; et <i>L'Homme agressif</i>, Paris, Odile Jacob, 1987.)</li>
         <li>Morton Hunt, <i>The Compassionate Beast. What Science is Discovering
About the Humane Side of Humankind, </i>New York, William Morrow and Company,
1990</li>
      </ul>
      <p/>
      <hr/>
      <h2>
         <a shape="rect" name="Epilogue"/>Epilogue</h2>
      <p>Morale des sages de la Chine, morale bio-socio-psychologique du cerveau
et de l'évolution, morale comtienne de l'altruisme et de "l'Amour
pour principe" -- et pourquoi pas morale "esthétique",
si l'on veut bien ramener le mot à son étymologie d'<i>esthesis</i>,
sensation, sentiment (car l'altruisme est lui-aussi à base d'émotion,
et je dirai même d'une suprème "sensualité")
-- il semble bien que tout cela converge. Converge vers la morale humaine,
"humaniste", de demain. </p>
      <p>Une éthique humaniste et scientifique qui paraît bien appelée
à prendre, en Occident, la relève d'une morale théologique
épuisée (et dont le déclin <a href="classif.xml">corrobore
la loi des trois états</a>) dont elle devra néanmoins veiller
à sauvegarder soigneusement tous les apports. Apports qui ne sont
pas minces, il faut le reconnaître (et nul mieux que Comte n'a su
leur rendre hommage) -- mais que l'effondrement de la théologie
pourrait bien compromettre gravement, si la relève n'était
prise au plus vite. </p>
      <p>Janvier 1992 
</p>
      <signature auteur="EL"/>
   </body>
</html>