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L'Islam

La polygamie est aujourd'hui, ma fille, plus réelle souvent à Paris qu'à Constantinople. Outre que l'islamisme a subi la même dissolution que le catholicisme, on se forme, en général, une idée exagérée de la diversité de moeurs et d'opinions entre les Orientaux et les Occidentaux, comme en témoigne la tendance spontanée des musulmans à nous prendre pour guides.

En repoussant la division des deux pouvoirs, afin de mieux constituer sa théocratie militaire, l'incomparable Mahomet pressentit que cet immense perfectionnement de l'ordre social était encore prématuré, en tant qu'incompatible avec le principe théologique. Il dut alors regarder une telle tentative comme particulière à L'Occident, où son avortement final susciterait longtemps de graves dangers. Si l'islamisme priva les Orientaux des admirables progrès accomplis, au moyen âge, sous l'impulsion catholique, il les préserva, depuis, de la transition anarchique qui nous tourmenta pendant les cinq derniers siècles, et d'où résultent aujourd'hui tant d'obstacles. Grâce à leur régime les musulmans sont essentiellement exempts de métaphysiciens et même de légistes. Le positivisme, en les détournant d'une désastreuse imitation, leur fera sagement apprécier cet avantage capital; qui peut beaucoup seconder leur régénération finale.

Catéchisme positiviste, 11e entretien

l'éminent Mahomet [a légué à l'Humanité une] construction admirable

Système de politique positive, II, 362

la morale de l'islamisme est aussi satisfaisante que celle du catholicisme, et sa doctrine choque moins la raison

Système de politique positive, II, 106

Quand mon traité fondamental [le Cours de philosophie positive] institua la philosophie de l'histoire, elle ne pouvait être assez précise, ni même assez complète, pour me permettre une suffisante appréciation du monothéisme oriental [l'islam]. Je dois d'ailleurs avouer que, à mon insu, je participais alors aux préventions émanées contre lui du milieu catholique, et qui se propagent involontairement chez les esprits les mieux émancipés, sans excepter le grand Diderot. Telle fut la source du jugement, radicalement erroné, que je portai alors sur l'influence sociale de l'islamisme [...]. Mais [...] je regarde [aujourd'hui] définitivement les deux monothéismes [christianisme et islam] comme ayant également complété, chacun à sa manière, la préparation humaine.

Système de politique positive, IV, 505-6 Texte complet


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